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Guide complet pour Gestionnaire de flotte : Passer votre flotte à l'électrique en 10 étapes

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Passer une flotte d'entreprise à l'électrique ne se résume pas à se demander “quelle borne choisir ?”. De l’étude de faisabilité du projet à la gestion au quotidien des véhicules, en passant par l’installation et la construction, le verdissement d’une flotte suit un processus bien précis. Ce guide expose la marche à suivre en 10 étapes clés, pour une électrification réussie et sereine. 


L'essentiel en 30 secondes



Étape 1 : pourquoi et jusqu’où verdir la flotte ?  


Si certaines entreprises verdissent leur flotte pour améliorer leur image de marque RSE ou pour réduire les coûts, d’autres sont contraintes par la loi. En effet, si votre parc automobile compte plus de 100 véhicules, la loi LOM (loi d’orientation des mobilités) impose déjà un renouvellement progressif avec un quota de véhicules à faibles émissions à atteindre chaque année. 


Il faut aussi trancher une question stratégique : faut-il électrifier toute la flotte d'un coup, ou procéder par vagues ? Tester sur un ou deux véhicules, ceux qui roulent le plus, limite les surprises techniques et budgétaires. 

Étape 2 : Vérifier la faisabilité technique des sites qui accueilleront les bornes 


C'est l'étape la plus souvent sous-estimée, alors qu'elle conditionne tout le reste. Une étude de faisabilité technique consiste à vérifier si vos sites (siège, dépôt, parking) peuvent réellement accueillir des bornes de recharge, et à quelles conditions.


Trois questions structurent cette étape :


  • La puissance électrique disponible : la puissance souscrite actuelle de votre compteur suffit-elle, ou faut-il l'augmenter ? 

  • Le raccordement au réseau : selon la puissance nécessaire, un raccordement Enedis spécifique ou un renforcement du réseau du bâtiment peut être requis, avec des délais qui se comptent parfois en mois.

  • Le foncier et le statut juridique du site : l'accord du propriétaire est parfois nécessaire avant même de lancer une étude technique, notamment si l’immeuble de bureaux est une location.


Pour cette étape, l’aide d'un bureau d'études ou d'un installateur certifié IRVE est presque toujours nécessaire, afin d’éviter toute erreur pouvant devenir très coûteuse. Sous-dimensionner la puissance électrique dès le départ oblige ensuite à tout reprendre quelques années plus tard.  


Étape 3 : Dimensionner l'infrastructure de recharge : combien de bornes et en quelle quantité ? 


Une fois la faisabilité confirmée, il faut déterminer combien de bornes installer et avec quelles caractéristiques. Le ratio entre nombre de véhicules et nombre de bornes de recharge dépend de l'usage réel de la flotte : un véhicule utilisé toute la journée avec un seul créneau de charge la nuit n'a pas les mêmes besoins qu'une flotte en rotation permanente.


Il faut également trancher entre recharge AC (courant alternatif), plus lente mais largement suffisante pour une charge de nuit ou pendant les heures de bureau, et recharge DC (courant continu, recharge rapide), plus coûteuse à l'installation mais nécessaire si les véhicules doivent repartir rapidement en journée. 


C'est aussi à cette étape qu'intervient le pilotage de charge (load balancing) : répartir automatiquement la puissance disponible entre plusieurs bornes pour éviter de dépasser la puissance souscrite. Pour un parc avec plusieurs véhicules qui se chargent sur le même site de recharge, cette fonctionnalité est indispensable. 


Étape 4 : Construire le budget et mobiliser les financements


Le coût d'une infrastructure de recharge ne se limite pas seulement au prix de la seule borne. Il faut intégrer le coût du matériel, l'installation (génie civil, raccordement, tableaux électriques), et la maintenance sur la durée. C'est ce que recouvre la notion de coût total de possession (TCO)


Plusieurs leviers de financement existent :


  • Le programme ADVENIR, qui subventionne une partie de l'installation de bornes en entreprise selon des critères d'éligibilité précis.

  • Des subventions régionales ou locales, en complément des aides nationales, variables selon les territoires.

  • Des avantages fiscaux (TVA réduite sur certaines installations, amortissement, avantages liés à la TVS et à l'avantage en nature pour les véhicules électriques).

  • Le choix entre achat et location (LOA, LLD) du matériel, qui change la structure du budget et son traitement comptable.


Étape 5 : Choisir le matériel et le prestataire


Une fois le budget cadré, vient le choix du matériel et de l'installateur. Deux critères doivent orienter la décision : 


  • Les caractéristiques de la borne : puissance adaptée à l'usage réel, fonctionnalités indispensables pour un usage professionnel (supervision à distance, load balancing), et compatibilité avec les véhicules actuels et futurs de la flotte.

  • La qualification du prestataire : en France, seul un installateur certifié IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques) est habilité à installer des bornes professionnelles dans les règles. Cette certification n'est pas une formalité puisqu’elle conditionne la validité des garanties, l'éligibilité aux aides comme ADVENIR, et la conformité de l'installation.


Étape 6 : Réunir les autorisations et préparer le chantier


Avant de débuter les travaux, plusieurs documents et autorisations doivent être réunis. Selon la nature des travaux (simple installation ou modification du bâti), une déclaration préalable, voire un permis de construire, peut être nécessaire. C’est un point qu’il faut vérifier avec votre installateur ou votre mairie dès cette étape, car les délais d'instruction peuvent retarder significativement le projet.

Consultez ici notre guide complet de structuration de l’électrification en externe : à qui s’adresser, quand et pourquoi ? 


Étape 7 : Installer les bornes de recharge 


Le chantier lui-même se divise en plusieurs étapes : génie civil si nécessaire, raccordement électrique, pose des tableaux et des bornes, puis tests de conformité.


La durée du chantier varie fortement selon l'ampleur du projet : de quelques jours pour une poignée de bornes sans renforcement de réseau, à plusieurs semaines si des travaux de génie civil ou un raccordement Enedis renforcé sont nécessaires. Demandez à votre installateur un planning détaillé dès la signature du devis, avec des jalons clairs, plutôt qu'une date de mise en service unique et non détaillée.


À l'issue des travaux, l'installateur doit remettre une attestation de conformité Consuel, document obligatoire qui certifie que l'installation électrique respecte les normes de sécurité en vigueur. Sans cette attestation, l'installation ne peut pas être mise sous tension par le fournisseur d'électricité.


Étape 8 : Mettre en service les bornes et former les équipes


La mise en service ne se limite pas à brancher la borne. Elle comprend des tests techniques (vérification de la puissance délivrée, du bon fonctionnement de la supervision), le paramétrage des accès (badges, application, liste des utilisateurs autorisés), et l'intégration éventuelle à un logiciel de gestion de flotte déjà utilisé par l'entreprise.


Un point souvent négligé est la formation des collaborateurs. Une borne mal utilisée (câble mal branché, badge oublié, mauvais créneau de recharge) génère des dysfonctionnements qui n'ont rien à voir avec le matériel lui-même. Il peut ainsi être utile de prévoir une courte session de formation des collaborateurs afin d’assurer une mise en service réussie. 


C'est également le moment de signer, si ce n'est pas déjà fait, un contrat de maintenance, idéalement avec une supervision à distance qui permet de détecter une panne avant qu'un utilisateur ne s'en rende compte sur le terrain.


Étape 9 : Piloter la recharge au quotidien


Plusieurs bonnes pratiques permettent d'optimiser l'usage des bornes au quotidien : 


  • Recharger aux heures creuses lorsque c'est possible, pour réduire la facture électrique.

  • Suivre la consommation en temps réel via une application de supervision, pour identifier les anomalies (baisse de puissance, borne hors service) avant qu'elles n'impactent la disponibilité des véhicules.

  • Anticiper les pannes : un processus clair (qui contacter, quel délai d'intervention garanti par le contrat de maintenance) évite qu'un dysfonctionnement mineur n'immobilise un véhicule plusieurs jours.


Étape 10 : Suivre la performance et valoriser la démarche RSE


Dernière étape : mesurer les résultats et les intégrer à la communication RSE. 

Sur le plan financier, cela passe par le calcul du ROI de l'électrification (comparaison du coût total avant/après, intégrant carburant, entretien, fiscalité) et le suivi d'indicateurs simples comme le taux d'utilisation des bornes ou le coût au kWh.


Sur le plan RSE, l'électrification de flotte constitue un levier puissant car mesurable par le calcul de la réduction des émissions CO2, et pouvant parfaitement être intégré au rapport extra-financier. 


Conclusion

L’électrification transforme profondément le métier des gestionnaires de flotte, qui doivent désormais à chaque étape dialoguer avec une Direction différente en interne. Mais face à la multitude d’étapes et de tâches, il est parfois difficile de savoir à qui s’adresser, quand, et pourquoi. Voici donc ici un guide complet sur la structuration du verdissement d’une flotte en interne. 



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